Cinema

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la la land
La la land , de Damien Chazelle (2017), un film éblouissant ? J’évite, par principe, de parler de films ou de livres que je n’ai pas aimés, me contentant de penser que je suis passée à côté d’une œuvre qui, tout simplement, ne m’a pas touchée. Cependant, quand un film est reçu avec une telle unanimité et des critiques aussi dithyrambiques, on peut oser quelques réserves. Ce que je préfère, dans ce film, c’est son titre qu’on peut entendre comme L.A, L.A land, le film de Los Angeles (L.A en anglais), et de son mythe, le refrain, lalala, des rêves et des chansons sentimentales et...
Un mort, sa fiancée, son fantôme Ce qui m’intéresse, c’est de montrer des personnages qui se trompent, qui ne sont pas attirés par la bonne personne. François Ozon Lire les lignes ci-dessous est vivement déconseillé à qui n’a pas encore vu Frantz de François Ozon. Procéder autrement reste certes possible, mais au prix de ne plus pouvoir se laisser transporter. Jusqu’il y a peu, la guerre était pensée en tant que conflit de deux entités semblables, ainsi la concevait la stratégie pensée scientifiquement. À juste titre, n’était-ce pas le cas de...
De Philippe Lioret Mathieu, un jeune homme de 30 ans cadre commercial, séparé de sa compagne, reçoit un jour un appel du Canada. Un homme, qu’il ne connaît pas cherche à avoir son adresse pour lui adresser un paquet provenant, soi-disant de son père biologique qui vient de mourir, un père dont il ne connaît que l’existence, sa mère, décédée elle aussi, ne lui ayant jamais révélé l’identité de ce dernier. Mathieu ne voulant pas s’en tenir là décide de partir pour Montréal à la recherche certes de ce père mais surtout de sa famille et en particulier de ses deux frères dont bien entendu il ne...
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Soirée difficile au Jean Eustache. Je savais que je n’aimerais pas ce film, mais puisqu’il est « plébiscité », qu’il reste à l’affiche tout l’été, qu’il n’y a rien d’autre à faire, je me décide enfin à aller voir La Tortue rouge. Cela commence à 19h40, en soirée donc, et la salle est cependant très animée par la présence de familles et d’enfants qui bruissent : bavardages et gazouillements charmants, papiers froissés, bonbons sucés, pop-corn qui craque sous la dent ! Légère angoisse, mais bon, ce n’est pas encore le film ! Générique, premières images et toujours la rumeur de voix et papiers...
Chantal Akerman n’a plus d’adresse. Akerman, première approche J’avais vu Jeanne Dielman, 23 Quai du commerce, 1080 Bruxelles, à sa sortie, et bizarrement en compagnie de ma mère qui, étant bonne ménagère s’écriait, exaspérée en voyant Delphine Seyrig nettoyer sa baignoire : « il y a longtemps que j’aurais fini ! ». Je ne sais plus si nous sommes restées jusqu’à la fin… Maman (qui est décédée depuis, ce qui me relie davantage à Chantal Akerman qui témoigne, dans son dernier film de sa relation avec sa mère, du vieillissement et de la disparition quasi progressive de celle-...
l'avenir
L’avenir Pour comprendre le sens de ce film, il ne faut surtout pas manquer le prologue. À lui seul il donne au film toute son épaisseur et aussi sa gravité même si ce qui arrive à ce couple n’a rien que de très banal, en particulier aujourd’hui où les couples se font et se défont sans provoquer d’émotions particulières sauf auprès des principaux protagonistes. La banalité en effet n’empêche pas la douleur. Le prologue donc nous montre un couple en promenade avec leurs deux enfants. Le but de cette promenade c’est une tombe, celle de Chateaubriand à Saint-Malo, qui ne peut être atteinte qu’à...
Mission impossible
Mission: Impossible - Rogue Nation Que reste-t-il dans notre mémoire, lorsque nous sortons d'un blockbuster comme ce cinquième numéro de la série Mission impossible, sinon une suite d'images sans queue ni tête. Pourtant, à ma grande surprise les critiques, entendues ici et là, font de ce film un éloge appuyé. Est-ce vraiment du cinéma ? Pour que ce que l'on nous montre ne se réduise pas seulement à une suite d'images, il faut établir un lien avec d'autres films qui eux ont reçu l'adoubement de la critique et du public. Ici, ce sont les références très marquées aux films d'Hitchkock qui...
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comme un avion
Récréation : Comme un avion Pour une fois, tentons un texte bref, léger, pour un film qui nous mène en canoë, sans pesanteur. Le film de Bruno Podalydès est une comédie charmante, pleine d’un humour burlesque, à la Charlie Chaplin, de jeux de mots, situations étranges, regards keatoniens et personnages surréalistes dont on ne sait trop ce qu’ils font mais qui créent, avec quelques coups de pinceau, un univers poétique et claudiquant, tout bleu, pour échapper à la norme et à l’ennui. Le propos du film tient dans un prologue où l’on s’inquiète de savoir ce qu’est un « palindrome ». L’équipe au...
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le labyrinthe du silence
A propos d’un film « Le labyrinthe du silence » Ça fait une dizaine d’années que, entraîné par l’amitié de Michel Fennetaux j’ai participé activement au séminaire parole/génocide qu’il a animé jusqu’à sa disparition. Mon parti pris était de m’intéresser aux victimes et aux témoins de la tentative d’extermination des juifs d’Europe par les nazis, et de ne pas m’occuper de la psychologie ni de l’histoire des bourreaux. C'était sans compter avec « le hasard » : lors de la présentation de mon livre « Jouissances, du sein au meurtre », un ami qui s'était dérangé m'a glissé en partant un livre sous...
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la tete haute
La Tête haute, un film qui a un inconscient La Tête haute pourrait commencer à la fin du long travelling des Quatre cents coups : une course qui ne peut guère mener nulle part, sans horizon que le bureau d’un juge, les centres fermés, la prison. Mais le film d’Emmanuelle Bercot, bien qu’il fasse souvent penser à Truffaut, comme à l’archive de ces enfants difficiles que sont les Malony et les Doisnel, peinant sur une page qu’indéfiniment ils arrachent et froissent (L'Argent de poche ?), tragiquement appliqués et incapables de faire leurs « devoirs », ne fait pas de raccords. À l’inverse, c’est...

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