Dates:
Samedi, janvier 27, 2018 (Jour entier) - Dimanche, janvier 28, 2018 (Jour entier)

Adresse

Institut Protestant de Théologie 83 Bd Arago
75014 Paris
France
Adresse du site Web: Organisateur(s) du congrès:
Fédération des Ateliers de Psychanalyse
email: contact:

Jean-Michel DELAROCHE, 28 avenue des Gobelins, 75013 Paris

tél. 06 61 50 87 87 - mél jm.delaroche@free.fr

Le psychanalyste, la santé, le vivant
Le concept de santé a envahi le champ social,
depuis « l’état de complet bien-être physique, social
et mental », tel que le définit l’OMS, à l’absence de
maladie ou d’infirmité selon la médecine, ou encore
les tentatives de définition d’une norme physique ou
mentale. Aujourd’hui, les politiques tendent à
substituer une obligation de santé à la demande de
soins, et cherchent à imposer des mesures de
contrôles multiples.

L’idée de la santé embarrasse les psychanalystes.
Le contexte culturel et politique, comme la demande
de nos patients, nous imposent pourtant d’y
réfléchir. D’un côté, nous n’avons jamais cessé de
parler de la « cure » et revendiquons une fonction
thérapeutique. De l’autre, nous nous situons à côté
de toute idée de normalité et nous reconnaissons une
fonction vitale, bien que paradoxale, au symptôme.
La norme, qui peut avoir une fonction d’exclusion
comme une fonction d’intégration, s’applique au
champ du collectif, tandis que le psychanalyste
s’attache à la reconnaissance du singulier, sans nier
pour autant l’importance du lien et de
l’environnement.

Si Freud a peu utilisé le terme de santé, il a
clairement ancré la psyché dans le corps, avec des
concepts comme la libido ou les pulsions. Winnicott
relie la santé au sentiment de continuité de
l’existence. Pour Bion, l’idée de santé n’est pas
l’élimination de la souffrance, mais la capacité à la
traverser. Tomber malade ou déclarer un symptôme
ne serait-il pas parfois le signe qu’une partie non
intégrée du sujet se manifeste et cherche à se faire
connaître ?

Dans sa clinique, le psychanalyste est souvent
confronté aux forces de destruction à l’œuvre dans
la cure. En quoi le transfert peut-il nous permettre de
« réaliser » la nature de ce qui attaque le corps ou le
psychisme ? Pour se risquer dans l’aventure de
l’analyse, sur quoi nous appuyons-nous pour résister
à ces forces, pour être et rester vivants, curieux,
intéressés, désirants ? Pour garder notre confiance
dans la capacité de la vie à se renouveler, ne faut-il
pas que nous reconnaissions et assumions cette belle
maladie du côté du vivant qui nous anime, notre désir de psychanalyse.

Samedi 27 janvier 2017

9h30 : Accueil
9h50 : Jean-Pierre BOULEAU : Ouverture des Journées
10h : Simon PERROT : Réflexions autour de
l'imaginaire
11h : Françoise BESSIS : Rester vivant avec la maladie,
naître à l'occasion de la maladie
12h : Nathalie BATAILLON : Pour une meilleure
articulation corps esprit
Jean-Michel DELAROCHE : La santé du psychanalyste
* Déjeuner *
14h30 : Mathieu BELLAHSEN : "Santé mentale" et
dévitalisation du fait psychique
15h30 : Anna ANGELOPOULOS : A la recherche de
"l'homme normal"

16h30 : Pause

16h45 : Mohand CHABANE : Problèmes de clinique en
milieu d'émigration
17h45 : Catherine LAPLANTIF : Quand on a la santé,
c'est pas grave d'être malade
* Cocktail *

Dimanche 28 janvier 2018

9h30 : Accueil
10h : Sylvette GENDRE-DUSUZEAU : Le temps
thérapeutique en analyse
11h : Vincent RAFIS : Trouver corps
12h : Claude GUY : Corps, psyché et héritage, un
lien ténu

* Déjeuner *

14h30 : Yves CLOT : Entre psychique et social : la
double fonction du collectif de travail
15h30 : Françoise JUMEAU-RUDELLE : Comment
comprendre ce "rester vivant" de Winnicott donné
comme condition pour une psychanalyse
thérapeutique
16h30 : Conclusion et clôture